Billet d'humeur

La cryptomonnaie, le truc qui pollue même Wall-E ?

Récemment, j’ai lu un commentaire sur Twitter qui disait quelque chose de ce genre : « Les cryptomonnaies, ça serait cool si ça ne consommait pas autant d’électricité… ».

À ton avis… qu’est-ce qui m’est passé par la tête à ce moment-là ? Un truc du genre : « Ggrrrrr… Ferme-là au lieu de parler de trucs que tu as lus dans Paris Match !!! ».
J’ai pris un calmant… ça m’a fait du bien… et j’ai décidé d’écrire cet article. Il est temps que les gens arrêtent de sortir « l’affaire pollution énergétique » en copiant-collant les arguments qu’ils ont lus dans des journaux au contenu très approximatif.

Qu’est-ce qui consomme de l’électricité pour le Bitcoin ?

Si Bitcoin est bien une cryptomonnaie, ça n’est de loin pas la seule ! Ce que tu dois comprendre par là, c’est que toutes les cryptomonnaies ne fonctionnent pas comme le Bitcoin. On y reviendra plus bas.

À ton avis, qu’est-ce qui consomme de l’électricité sur le réseau Bitcoin ? C’est la sécurisation de celui-ci.

Et comment est-ce que le réseau est sécurisé ? Grâce à son consensus.
En d’autres termes, ce sont des ordinateurs (appelés mineurs) qui font des calculs pour le réseau Bitcoin. On appelle ce consensus le Proof of Work (abrégé PoW), traduit en français pas « preuve de travail ».

Et là, je te vois venir : « En quoi ça consiste ce Proof of Work ? »

On y vient ma biche.

Le consensus d’une cryptomonnaie

Avant de parler de Proof of Work, tu dois déjà comprendre ce qu’est un consensus en cryptomonnaie. Tu vas voir, c’est assez simple sur le fond !

Pour les cryptomonnaies dont la blockchain est publique, n’importe qui peut potentiellement faire partie des créateurs de blocs de transactions sur le réseau. Le problème ? On ne sait pas qui ils sont ni s’ils sont bien intentionnés.

Le but du consensus est simplement d’assurer la fiabilité des données sur la blockchain, pour éviter, par exemple, la création de cryptomonnaie de manière frauduleuse.

Proof of Work

Le proof of work est le premier consensus mis en place en cryptomonnaie pour le Bitcoin.

Son fonctionnement est le suivant : les mineurs du réseau tentent de résoudre une énigme cryptographique. Le premier qui y parvient a le droit de créer un nouveau bloc de transactions sur la blockchain. Il reçoit 12.5 bitcoins (somme valable au moment où j’écris ces lignes) en récompense de son travail auxquels il faut encore ajouter les frais des transactions incluses dans le bloc qu’il a créé.

Je sais, ça fait beaucoup d’informations à digérer! En bref, le mineur fait un travail qui a un coût énergétique pour lui et il reçoit une récompense en retour.

Le problème avec ce système, c’est que ça demande une grande puissance de calcul aux ordinateurs qui participe à ce « concours cryptographique ». Et, tu l’auras compris, une grande puissance de calcul implique une grande dépense en électricité.

Proof of Stake

Je t’arrête tout de suite ! Non, le Proof of Stake n’a aucun lien avec les steaks…

Pour les non-anglophiles, la traduction en français de ce consensus est « Preuve d’enjeu ».

Contrairement au Proof of Work, le Proof of Stake est très peu énergivore puisqu’il ne demande pas de calculs complexes pour sécuriser le réseau.

La seule chose qu’il faut faire pour participer à la validation sur le réseau, c’est posséder des cryptomonnaies de ladite blockchain.

Sans rentrer dans les détails, tu les mets en gage et si tu es sélectionné pour créer un nouveau bloc sur la blockchain et que tu fais ton boulot correctement (sans tenter de tricher), tu peux récupérer tes cryptomonnaies avec un supplément de quelques coins faisant office de récompense.

Par contre, si tu triches, tout ou partie de tes cryptomonnaies te sont confisquées.

C’est expliqué de manière très simpliste et je t’invite, si le sujet t’intéresse, à te documenter sur le sujet par l’intermédiaire de ton moteur de recherche préféré.

Relativisons ! Ou pas…

Je dois t’avouer qu’à la base, j’avais vraiment la flemme de réécrire un xième article sur le sujet des cryptomonnaies et de la pollution, mais je vois encore trop cet argument passer sur les réseaux sociaux ou lors de discussions avec mon entourage pour rester muet sur le sujet.

Est-ce que le Bitcoin pollue ? Je pourrais te sortir les arguments suivants.

  • Le réseau est alimenté en grande partie d’énergie verte
  • Une autre grande partie de l’énergie utilisée est issue d’électricité normalement perdue, car produite en surplus

Ça, d’autres l’ont déjà expliqué avant moi et ça ne fait que relativiser le problème.

Oui, le Proof of Work est très énergivore ! Mais comme je l’ai expliqué dans cet article, ça n’est pas le seul consensus ! La tendance actuelle des cryptomonnaies va plutôt vers une adoption du Proof of Stake qui est bien moins consommateur en énergie. Et c’est l’une des solutions qui aidera à résoudre ce problème écologique.

D’autres recherches sont également en cours pour, par exemple, diminuer la consommation électrique du réseau en améliorant le rendement des « calculateurs ».

Bref : la communauté est consciente de ce problème et de nombreuses solutions sont à l’étude.

J’espère que maintenant, tu comprends un peu mieux le sujet et que tu n’iras pas raconter bêtement à tes copains que la cryptomonnaie « ça pollue plus que les Polluards » ! Non car :

  • Les cryptomonnaies n’ont pas toutes un consensus de preuve de travail (Proof of Work) nécessitant une grande quantité d’électricité
  • Si c’est le cas, l’énergie produite est de manière générale du surplus ou de l’énergie verte

Si tu veux aller plus loin dans la compréhension des consensus, ce « CryptOseile-Surprise » est fait pour toi. On me souffle dans l’oreillette qu’il y a du Jonathan Serra dedans, gage de qualité ! 😎

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